ANANLYSE DE LA SCENE ACOUSTIQUE VERSUS ANALYSE DE LA SCENE AUDITIVE
Quelques fabricants daides auditives, dont ReSound, ont introduit des produits basculant automatiquement dun mode directionnel à lautre en se fondant sur les caractéristiques physiques de lenvironnement, connu également sous le terme dAnalyse de la Scène Acoustique. Cependant, aucun des fabricants nutilise les mêmes techniques dans cette analyse, ni nemploie les mêmes critères dans son basculement automatique. Les algorithmes qui régissent ce basculement diffèrent également sur la question du délai. Ce basculement automatique est destiné à rendre la vie des utilisateurs plus facile, cependant, il peut également devenir une source dirritation et de frustration. Lattente des utilisateurs nest pas en effet toujours la même que ce que prétend lalgorithme qui régit le système directionnel, c'est à dire ce qui est prédit par lanalyse de la scène acoustique. Par exemple, lorsque quelquun parle avec une autre personne dans une soirée, une des deux personnes peut décider de modifier son attention sur une autre conversation se déroulant à côté delle et revenir après sur sa conversation principale. Une aide auditive basculant automatiquement en directionnel dans ce cadre ci, en se reposant sur lanalyse de la scène acoustique, décidera que lutilisateur désire entendre ce qui se passe en face de lui. Cependant, ce système automatique privera le malentendant de linformation nécessaire à prendre lui-même la décision de modifier son attention sur une discussion (ou simplement une source sonore) lui paraissant plus intéressante à ce moment précis. Ces différents systèmes automatiques ne savent en réalité pas ce que le malentendant désirent entendre, percevoir, et sur quelle source de sons lêtre humain désire porter son attention. De la même, nous pourrions imaginer un système automatique basculant sur un programme musique (avec les différents réglages que cela implique), cependant, légitimement, nous pourrions réfléchir à la question, quest ce que la musique pour vous, pour moi jespère que mon aide auditive ne basculera pas sur me programme « musique » lorsque de la musique techno sera diffusée près de moi un être humain ne réalise pas lanalyse de la scène acoustique, mais réalise ce que nous appelons lAnalyse de la Scène Auditive.
Lanalyse de la scène auditive est le processus par lequel le système auditif humain fait le tri, classe et interprète le courant complexe de linformation acoustique dans les environnements naturels. Lénergie acoustique provenant de différentes sources sonores est mélangée dans loreille de lindividu, qui peut utiliser son sens de louie afin de suivre chacun deux individuellement, et dans le but de modifier son attention sur les différentes sources sonores (BERGMAN, 1990). Un processus auditif central (niveau élevé du système auditif) sert de médiateur dans lanalyse de la scène auditive, et par conséquent demeure une capacité (humaine) chez la plupart des utilisateurs daides auditives du fait justement de sa place à un niveau élevé de laudition centrale, et du fait également de la raison de la perte auditive située généralement en périphérie du système auditif (cochlée). En effet, les aides auditives ont pour but de compenser les effets des dommages périphériques, telles que les pertes daudibilité et de compression dynamique. Cependant, à partir de cette constatation, il faut également garder à lesprit que ces aides auditives ne prennent pas en compte lentièreté du système auditif humain. Les stratégies de traitement du signal peuvent potentiellement interférer avec la médiation de linformation auditive se produisant à cet étage élevé du traitement central.
Figure 1 : les aides auditives compensent les effets périphériques tels que la perte daudibilité ainsi que la réduction de la compression dynamique. Différents traitement du signal, tels que la directionnalité automatique peuvent interférer avec lanalyse de la scène auditive de lutilisateur.
Par conséquent, lorsque la directionnalité automatique peut fournir en effet le bénéfice directionnel à des individus nétant plus capable ou ne désirant pas choisir eux même le bon mode directionnel, cela peut également provoquer un conflit avec lAnalyse de la Scène Auditive réalisée chez lêtre humain au niveau central (élevé).
A travers lhistoire des aides auditives, le développement de ces dernières sest concentré sur lamélioration des difficultés de perception dues aux dommages périphériques du système auditif. La manifestation de ces difficultés de perception pour beaucoup de malentendants est une réduction de la compréhension de la parole, particulièrement en présence dun fond sonore (bruit de fond).
Il a été démontré que lutilisation des microphones directionnels améliorait le rapport signal/bruit (SNR) et donc la reconnaissance de la parole dans de nombreuses études conduites en laboratoire (NIELSEN, 1973 ; VALENTE et al, 1995 ; WOUTERS et al, 1999 ; PUMFORD et al, 2000 ; WALDEN et al, 2000) avec un bénéfice directionnel, rapporté dans ces études, allant de 3.27 dB (PUMFORD et al, 2000) à 8.5 dB (VALENTE et al, 1995). Des résultats aussi convainquant que ceux-ci ont constitué la base de la promotion des microphones directionnels en tant que solution prouvée pour les plaintes liées à laudition dans le bruit. Grâce à de telles améliorations du rapport signal/bruit (S/B) , on peut penser que les difficultés que les malentendants rencontrent dans le bruit sont résolues. Le sont-elles ? De plus, de nombreuses aides auditives propose loption de basculer manuellement dun mode omnidirectionnel à directionnel, et donc de permettre la configuration microphonique optimale dans les situations où le signal qui intéresse le malentendant nest pas face de lui.
Comme nous avons pu le discuter plutôt, cependant, lintelligibilité de la parole dans le bruit améliorée nest pas la garantie dune utilisation satisfaisante de ses aides auditives. CORD et al (2004) ont continué à travailler spécifiquement sur la satisfaction, mais nont pas trouvé de lien entre le succès dun appareillage directionnel et le bénéfice directionnel mesuré en laboratoire.
Une autre raison ne permettant pas daffirmer que la directionnalité assure un appareillage réussi et satisfaisant est liée au bénéfice directionnel dans la vie réelle de tout les jours, en opposition aux conditions « contrôlées » du laboratoire de recherche. En effet, des études assez anciennes comme celle de NIELSEN (1973) nont pas établie les mêmes bénéfices saisissants de la directionnalité dans la vie réelle que ceux relevés en laboratoires. Une des raisons de ce désaccord est que les caractéristiques de lenvironnement affectent significativement le bénéfice directionnel. Celui-ci sera le plus important dans une chambre anéchoïque et diminuera en fonction de laugmentation de la réverbération (MADISON et HAWKINS, 1983 ; HAWKINS et YACULLO, 1984 ; RICKETTS et HORNSBY, 2003). Dautres facteurs liés à lenvironnement physique comprennent la localisation de la source de bruit, la séparation du bruit et du signal, et la distance par rapport au signal (AMLANI, 2001).
En complément des aspects acoustiques mentionnés ci-dessus, WALDEN et al (2000) ont suggéré de nombreux aspects individuels pouvant intervenir dans lincohérence observée entre le bénéfice significatif directionnel mesuré en laboratoire et le bénéfice mesuré par le malentendant dans sa vie de tous les jours. Il y a 2 points à tenir en considération : Dabord, le malentendant peut ne pas avoir appris à basculer en directionnel durant la période dessais. Une utilisation appropriée du programme directionnel nécessite que le malentendant analyse et reconnaisse les situations dans lesquelles la directionnalité pourrait être avantageuse, quil sache lactiver, et même quils sachent manipuler son environnement afin de maximiser lavantage directionnel. Ajoutons que les malentendants doivent rencontrer ces situations de vie réelle dans lesquelles ils peuvent potentiellement tirer profit de la directionnalité. Par exemple, les individus qui portent seulement leurs aides auditives dans des environnements présentant des rapports S/B très favorables ne percevront probablement pas de bénéfices en mode directionnel. Enfin, la directionnalité présente le potentiel pour interférer avec la capacité de lêtre humain de maintenir son attention sur lenvironnement découte et de basculer son attention sur une autre source sonore de son environnement.
Suite à cette réflexion, on peut penser que de nombreux utilisateurs daides auditives présentant un programme omnidirectionnel ET un programme directionnel ne profite pas ce dernier. CORD et al (2002) se sont entretenus avec 112 patients appareillés avec ce type daide auditive depuis au moins 6 mois et ont trouvé que plus de 1/3 dentre eux ne basculait pas dun mode à lautre. Parmi les raisons invoquées, la méconnaissance du moment opportun pour basculer en directionnel, labsence de bénéfice ressenti en mode directionnel dans des environnements bruyants ainsi que les difficultés liés à la manipulation pour changer de programme. Les participants à cette étude ayant changé de programme ont passé approximativement ¼ de leur temps en mode directionnel. Les situations dans lesquelles le mode directionnel était le plus utile furent celles où lenvironnement était bruyant et où le signal qui intéressait lutilisateur était en face et relativement près de lui. Linfluence de ces caractéristiques sur le choix du mode fut corroborée par SURR et al (2002), où étaient appareillés 11 patients avec des appareils où le mode directionnel était sélectionnable manuellement. Les testeurs ont également demandé aux patients de conserver un journal décrivant les situations dans lesquelles le mode directionnel était préféré. Dans une étude de suivi, WALDEN et al (2004) ont révélé que les patients adultes le plus clair de leur temps dans des situations acoustiques difficiles et ont confirmer les études précédentes qui tendent à lier les caractéristiques physiques de lenvironnement aux préférences microphoniques. Ils suggèrent donc que le fait de connaître 3 caractéristiques de lenvironnement, c'est à dire la localisation du signal (interlocuteur), la distance avec ce dernier et la présence ou labsence de bruit de fond, permettrait dadapter le mode (direct ou omnidirectionnel) de façon optimale pour les situations découte de la vie de tous les jours du patient. Une implication technologique importante est que les aides auditives qui peuvent caractériser précisément lenvironnement acoustique devraient également être capable de sélectionner le mode microphonique optimal.
ENTENDRE DANS UN MILIEU BRUYANT : UNE QUESTION TOUJOURS DACTUALITE AU 21ème SIECLE.
La 1ère plainte des utilisateurs daides auditives a été et continue dêtre laudition dans le bruit. Seulement 30% des porteurs daides auditives, aux USA, sont satisfaits des performances de leurs appareils dans le bruit (KOCHKIN, 2002a) et ce manque de performance constitue la raison principale pour ne pas porter les aides auditives (KOCHKIN, 2000). Ainsi, il n'est pas surprenant qu'une meilleure intelligibilité de la parole dans le bruit soit recherchée par 95% des utilisateurs aux USA et 87% en Allemagne. A partir de ces données, il semble raisonnable de conclure que si la compréhension de la parole est améliorée, alors les malentendants seront plus enclin à sappareilleret sadapteront plus rapidement à leurs aides auditives. Ces mêmes études indiquent également que la satisfaction tirée des appareils auditifs ces 10 dernières années (période marquant le passage de la technologie analogique à numérique) est inchangée.
En examinant les résultats des études liées à la satisfaction des porteurs daides auditives, il est important de considérer ce qui a poussé le sondé à répondre de telle ou telle façon. Par exemple, dans létude MarkTrack, sur léchelle de satisfaction portant sur l « Utilisation dans les milieux bruyants », il apparaît clairement que les malentendants appareillés soulignent des difficultés dans les environnements bruyants. Cependant, 2 notes négatives peuvent être motivées par 2 raisons différentes. Pour la 1ère personne, la satisfaction en milieu bruyant peut être liée à la compréhension de la parole tandis que pour la 2ème personne, la satisfaction peut être liée au confort dans le bruit. La performance dune aide auditive dans des situations bruyantes peut également différer selon le patient répondant au questionnaire, et ainsi affecter la note apportée à litem portant sur lutilisation des aides auditives dans des milieux bruyants.
Ainsi, lidée généralement admise quune amélioration de lintelligibilité dans le bruit assurera une plus haute satisfaction ainsi quune plus grande utilisation des ses aides auditives constitue une conclusion trop hâtive au regard des faits. Les chercheurs doivent encore établir un lien entre compréhension de la parole dans le bruit et une adaptation réussie (HUMES et al, 1996 ; BENTLER et al, 1993).
Les technologies auditives ont progressé, de ce fait, les utilisateurs eux-mêmes manipulent beaucoup moins leurs aides auditives, et reconnaissent avoir moins de contrôle sur le traitement de linformation acoustique leur arrivant. Les schémas classiques de traitement du signal tels que la directionnalité ainsi que les ajustements automatiques des différentes options désormais présentes, sont destinés à compenser les effets dus aux lésions auditives périphériques, mais peuvent également interférer avec le fonctionnement normal des processus corticaux (étage supérieur). Par exemple, une réponse directionnelle bilatérale peut améliorer le rapport signal/bruit lorsque linterlocuteur qui intéresse le porteur des aides auditives se situe en face de lui.Mais il peut également, de ce fait, rendre inaudible linformation acoustique nécessaire au porteur afin de rester en contact avec ce qui se passe autour de lui.
ReSound Azure présente des développements innovants dans le traitement de linformation acoustique par les aides auditives. En effet, cette nouvelle aide exploite le traitement avancé du signal de façon à ce quil y ait une harmonie entre les désirs du porteur de laide, et cela en supportant le traitement central du système auditif. Ces développements reflètent les efforts des recherches effectuées ces dernières années au sein du Laboratoire de Recherche Auditive ReSound, destinées à utiliser des traitements beaucoup plus performants que ceux qui étaient connus jusque là pour obtenir une information perceptuelle souhaitée par le malentendant. Ainsi, linformation spécifique à chaque oreille sera désormais délivrée.
Parce quaucune prise de décision artificielle ne peut rivaliser avec la capacité du système auditif central humain, les aides auditives ReSound Azure renforcent et soutiennent laudition naturelle de chacun. Une facette de ce renforcement est la Directionnalité Naturelle, laquelle utilise une méthodologie dadaptation offrant à lutilisateur une intelligibilité dans le bruit sans pour autant le couper de linformation environnante nécessaire à se situer dans lespace et à rester en contact avec ce qui se passe autour de soi. En même temps, Environnemental Optimizer assure au malentendant que ses préférences (individuelles) en termes de volume sonore soient respectées et lui apportent lécoute la plus confortable dans le bruit ainsi que la perception la plus claire de la parole dans des environnements conversationnels. A côté de ces avancées technologiques, ReSound continuent à faire progresser les algorithmes qui ont fait le succès de la firme tels que le traitement du signal WARP, la réduction de bruit NoiseTracker II, et lanti-larsen en opposition de phase (1992) Dual Stabilizer II DFS.